Ainsi paraît ZaratHOUSEtra
House : docteur ou surhomme nietzschéen ?
par Bernadette Dahan-Delelis
Il y a des chemins et des moyens en foule pour se surpasser. À toi d'y songer.
Ainsi parlait Zarathoustra, 3e partie,
« Des tables anciennes et nouvelles »
Étant donné qu'il n'y a pas de recettes toutes faites pour surpasser l'homme, chaque individu doit utiliser ses propres moyens pour atteindre ce stade. Chez House, c'est essentiellement dans la pratique de son art que l'on peut détecter ces moyens : d'une part dans ses relations avec tous ceux qui l'entourent à l'hôpital et d'autre part dans sa façon de travailler et de penser.
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Il y a un dénominateur commun à presque toutes les actions et initiatives de House : sa froideur apparente. La plupart du temps, elle n'est pas qu'apparente et elle ressemble fort à un principe de base auquel House ne veut pas déroger : ne surtout pas céder à l'émotion parce que celle-ci est susceptible de venir parasiter la réflexion et donc de la rendre moins efficace. Ce principe, House l'applique aussi bien dans sa vie privée que dans son métier et il est l'élément fondamental de son mode de fonctionnement.
On trouve dans la saison 4 un épisode intitulé Trop gentil pour être vrai (1) où House s'intéresse à un patient parce qu'il est trop gentil à son goût. Sur le paperboard de son bureau, il inscrit en grand le mot niceness (gentillesse) dans la liste des symptômes, ce qui ne manque pas de faire réagir son équipe de médecins. Kutner finit par reconnaître que « si nous admettons l'existence de la méchanceté extrême, - ce que nous faisons, j'imagine (ajoute-t-il tout en jetant un regard à House qui se retourne sur lui) alors nous devons également accepter l'existence de la gentillesse extrême. » (2) Ce faisant, il traite indirectement son patron de malade : très bien, on vous suit, le gentil est malade, mais alors au même titre que le pauvre type que vous êtes.
Saison 3 Épisode 13, No More Mr. Nice Guy [Trop gentil pour être vrai]
House est qualifié de « jerk » bien souvent dans la série. Et bien souvent, il est le premier à reconnaître qu'il l'est, effectivement. C'est presque une revendication pour lui, voire une marque de fabrique. Il ne veut pas entendre parler de la gentillesse et ce, pour une raison qu'il explique clairement à Wilson dans le premier épisode de la deuxième saison (3) :
Wilson : You know why people are nice to other people ?
House : Oh, I know this one. Because people are good, decent and caring. Either that, or people are cowards. If I'm mean to you, you'll be mean to me. Mutually Assured Destruction.
Wilson : Tu sais pourquoi les gens sont gentils les uns envers les autres ?
House : Oh oui, je la connais, celle-là. Parce que les gens sont bons, bien braves et bienveillants entre eux. C'est pour ça, ou alors c'est parce que ce sont des lâches. Si je te fais des sales coups, tu vas me faire des sales coups. Destruction mutuelle assurée !
House ne recherche pas la tranquillité. Il ne se cache pas derrière de gentils sourires pour qu'en échange, on le traite de « bon docteur ». Bonté est synonyme de faiblesse, pour lui comme pour Zarathoustra. De manière assez frappante, Nietzsche utilise en effet le même vocabulaire pour parler de la gentillesse. Le raisonnement lui-même est identique à celui fait par House :
Ronds, équitables et bienveillants entre eux - c'est leur façon d'être ; ronds, équitables et bienveillants comme les grains de sable le sont envers les autres grains de sable. [...] Ce qu'ils veulent, au fond, c'est une chose bien simple : c'est que personne ne leur fasse de mal. Aussi tâchent-ils de circonvenir les autres en leur faisant du bien.
Et cela, c'est de la lâcheté - bien que cela porte le nom de « vertu ». (4)
Alors, bien sûr, en refusant d'être un grain de sable, House s'expose. Et il s'expose avant tout au mécontentement de ses propres patients mais aussi de leurs familles. C'est le propre du Surhomme de ne pas faire de compromis avec les valeurs qu'il s'est créé. Jouer au jeu du gentil docteur, compréhensif et compatissant ne fait pas partie des valeurs de House. La recherche de la vérité seule compte. Et s'il faut pour cela passer pour un malotru (a « jerk »), alors tant pis.
L'absence d'empathie entre House et ses patients est particulièrement flagrante dans la première saison. Au début, il refuse même de les voir et reste dans son bureau ou, au mieux, de l'autre côté de la vitre de leur chambre. Et quand il daigne entrer, c'est soit pour les traiter d'idiots, pour les obliger à signer des autorisations ou pour leur infliger un traitement douloureux mais radical. Tout ce qu'ils savent en général de lui se résument à son nom et à ce que les infirmières en disent : c'est un malotru. Il ne pourrait en être autrement : House traite les infirmières comme il traite ses patients, sans aucune modération. Il ne faut donc pas s'étonner que Cuddy ait prévu, en l'embauchant, une somme de 50,000 dollars annuels dans son budget pour les frais d'avocats et de dédommagements des patients. Et il ne faut pas s'étonner non plus de voir des scènes où les patients ou leurs familles se plaignent de lui.
Ainsi, dans l'épisode Test de paternité (5), les parents d'un adolescent aperçoivent House dans le jardin de l'hôpital en train de prendre un café avec Wilson. Ils le reconnaissent parce que ce sont eux qui sont venus s'adresser à lui directement, non parce qu'il est allé les voir. Quand House les voit arriver, il dit à Wilson :
Another reason I don't like meeting patients. If they don't know what you look like, they can't yell at you.
Une autre raison pour laquelle je n'aime pas rencontrer les parents : s'ils ne savent pas à quoi tu ressembles, ils ne peuvent pas venir te crier dessus.
Ce qui rejoint l'idée de départ : il sait qu'il ne joue pas le jeu attendu par les parents et que donc, nécessairement, ils vont lui faire des reproches.
Saison 1 Épisode 2, Paternity [Test de paternité]
En faisant comme la plupart des docteurs, en allant au chevet de son patient régulièrement pour montrer qu'il est préoccupé par son cas, il se mettrait à l'abri de tout reproche. Mais le paraître ne l'intéresse pas : paraître fait perdre un temps précieux dans la course contre la montre et contre la mort à laquelle il participe chaque fois qu'il s'occupe d'un patient. Et il avait raison, les parents du jeune homme lui reprochent de ne pas être près de lui et de se moquer de son cas. Ils vont jusqu'à lui dire : « Vous n'avez pas pris de ses nouvelles une seule fois. » C'est alors que House énumère tous les symptômes de leur fils et les résultats des tests effectués, ce qui impressionne même Wilson. Les parents restent bouche-bée et House conclut : « Allez lui tenir la main. » Chacun son rôle : eux sont dans le domaine de l'émotion, lui dans celui de la logique, de la déduction et de la réflexion. Il n'a pas besoin de tenir la main du patient, il ne faut même surtout pas qu'il s'implique de façon personnelle s'il veut obtenir des résultats.
Pas de gentillesse, donc, de la part de House envers ses patients et leurs familles, pour les raisons qui viennent d'être évoquées. Pas de communication non plus, ou disons le moins possible. Et la première raison donnée à cette absence de communication est, pour ainsi dire, la devise de House : Everybody lies [Tout le monde ment]. S'il ne reçoit pas les bonnes informations, ou si on lui cache tout ou partie de la vérité, alors le diagnostic se trouve faussé. Il serait intéressant de compter le nombre de fois où House est confronté au mensonge. Y a-t-il seulement un épisode où personne ne ment ? Car il n'y a pas que les patients et leurs familles qui mentent, Cuddy ment à House, House ment à tout le monde, et les docteurs de son équipe s'y mettent aussi. Everybody lies! La seule différence, c'est que les mensonges de House, ceux qu'il fait dans le cadre de son métier, ont toujours pour objectif la découverte de la vérité, alors que les mensonges des patients et de leur entourage mènent généralement à la catastrophe.
Cette idée que tout le monde ment, on la retrouve également dans Ainsi parlait Zarathoustra en des termes que House serait sans doute le premier à approuver (6) :
L'heure présente n'est-elle pas l'heure de la populace ? Or la populace ignore ce qui est grand ou petit, droit ou honnête ; elle est retorse avec innocence, elle ment toujours.
Elle est bien là, la différence entre les mensonges de House et ceux des patients : lui ne ment pas avec innocence mais sciemment, alors que, la plupart du temps, les patients ne se rendent même pas compte qu'ils mentent, ne serait-ce que par omission ou par ignorance. Ainsi le preneur d'otages dans Un Diagnostic ou je tire (7) qui finit par dire, pour la première fois, qu'il est déjà allé en Floride alors que seize docteurs, sans compter House, lui ont demandé s'il était déjà allé dans un pays tropical où il aurait pu contracter sa maladie. « La Floride, ça compte ? » demande-t-il, incrédule, en voyant que House s'énerve contre lui (il le traite d'idiot, comme à son habitude dans ce genre de situation). Son mensonge, « retors avec innocence » a failli lui coûter la vie. Et c'est le cas de très nombreux patients dans la série, la liste des « idiots » serait trop longue à établir.
Saison 5 Épisode 9, Last Resort [Un Diagnostic ou je tire]
Tout comme Zarathoustra essaie de ne pas trop s'approcher de la « populace » (8), House prend ses distances vis-à-vis de ses patients. Et il les prend également vis-à-vis de tous les confrères qu'il est amené à côtoyer par la force des choses. Cette fois, il ne s'agit plus d'éviter les mensonges ou l'ignorance, mais bel et bien de les traiter comme ils le méritent.
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Le traitement que subissent les confrères de House est sans doute pire que celui que subissent ses patients. Car à la distance vient s'ajouter bien souvent le mépris.
Il y a par exemple le docteur de la CIA à qui il dit, lors des présentations, qu'il utilise son livre pour stabiliser son piano (9). Et l'autre docteur de la CIA qu'il embauchera... et virera au bout de deux jours en s'apercevant qu'il avait juste été impressionné par sa beauté.
Saison 4 Épisode 6, Whatever It Takes [En mission spéciale]
Il y a celui qui se prend pour le sauveur de l'humanité et refuse de soigner sa tuberculose avec des médicaments trop chers à son goût et qui convoque les caméras pour dénoncer les différences de moyens entre les pays développés et les autres. (10) House le traite de « pompous white man » : il ne voit en lui qu'un blanc donneur de leçons, pontifiant et arrogant. Il ne veut pas qu'il participe aux séances de diagnostic différentiel « pour pouvoir le traiter d'idiot », puis il le traite de « stubborn jerk » (enfoiré têtu), de « human telethon » (téléthon humain) et de « media whore » (prostitué médiatique). D'après lui, il n'utilise que deux lettres de l'alphabet (T et B) parce qu'il voit la tuberculose partout.
Saison 2 Épisode 4, TB or not TB [Être ou paraître]
Il y a celui sur lequel il avait triché à l'université et qui l'avait dénoncé (11). House l'invite au nom de Cuddy afin de mieux démontrer l'inefficacité du vaccin contre la migraine qu'il prétend avoir inventé. Non seulement il se moque de lui en public mais il lui fait perdre sa place.
Saison 2 Épisode 12, Distractions [Casse-tête]
Et puis, il y a tous les postulants à un travail dans son équipe qu'il traite comme du bétail, à qui il attribue des numéros parce que qui ils sont ne l'intéresse pas, seul compte ce qu'ils sont capables de faire. Ôter à quelqu'un jusqu'à son nom, c'est nier son existence en tant qu'individu.
Saison 4 Épisode 2, The Right Stuff [Le Boulot de ses rêves]
House peut aller très, très loin dans le mépris de personnes qui sont censés être, si ce n'est ses égaux, du moins des personnes érudites qui ont fait de longues études. Seul le docteur Ezra Powell (12) semble trouver grâce à ses yeux, lui qui affirme que House a raison de faire battre son cœur au-delà du raisonnable pour voir si son problème respiratoire vient de là, cautionnant ainsi ses méthodes peu orthodoxes. House le respecte, mais jusqu'à un certain point. Car au bout du compte, il le traite comme les autres - les insultes et le mépris en moins - et quand il s'agit d'essayer de lui sauver la vie, il le torture et lui ment, allant jusqu'à lui faire croire qu'il va l'aider à mourir alors qu'il le place dans le coma pour mieux continuer à faire des tests sur lui contre sa volonté. Comme le dit Foreman : « So much for the admiration [L'admiration a ses limites] ».
Saison 3 Épisode 3, Informed Consent [Marché conclu]
Mis à part dans ce dernier cas, le mépris et le sentiment de supériorité vis-à-vis de ses confrères sont flagrants chez House. Nietzsche ne parle pas spécifiquement des médecins mais la deuxième partie de Ainsi parlait Zarathoustra parle des « érudits » en général. Un chapitre entier leur est dédié et c'est bien également le sentiment de mépris qui prévaut dans tout le chapitre :
Car à la vérité j'ai quitté de moi-même la demeure des érudits, et en claquant la porte.
Mon âme a trop longtemps jeûné à leur table ; je ne suis pas fait comme eux pour grignoter la Connaissance comme on casse des noix.
[...]
Je suis trop ardent, trop brûlé par mes propres pensées, souvent j'en perds le souffle. Il me faut alors aller au grand air, loin de toutes les chambres poussiéreuses.
Mais eux sont assis au frais sous l'ombre fraîche ; ils ne veulent jamais être que spectateurs et se gardent d'aller s'asseoir sur les degrés brûlés par le soleil.
La plupart des docteurs qui croisent le chemin de House sont des « petits » : ils appartiennent à cette catégorie d'érudits qui se contentent de l'apparence, tel ce docteur qui ne s'aperçoit pas que l'homme qui vient de faire une chute de vélo souffre du syndrome d'enfermement et qui s'apprête à récupérer son cœur pour une transplantation ! (13) À la différence de House, ils sont incapables de prendre des risques, de braver la morale et les lois et à force de trop respecter les règles et les simples enseignements d'autres érudits, ils manquent de créativité et d'audace, ils restent dans leur « chambres poussiéreuses », bien au frais. Les brûlures du soleil, ils ne les connaîtront pas. Le triomphe que ressent House quand il trouve enfin la maladie dont souffrent ses patients, le désarroi dans lequel il sombre quand il ne parvient pas à les sauver, faute d'avoir résolu l'énigme qu'ils représentaient, tout cela leur est et leur sera toujours inconnu. Que dit House à Foreman du docteur Hamilton, le médecin du trompettiste qui se retrouve paralysé ? (14)
House : He said it wasn't your fault.
Foreman : So ?
House : So it was. You were wrong, but it was still great. You should feel great that it was great. You should feel like crap that it was wrong. That's the difference between him and me. He thinks you do your job and what will be will be. I think that what I do and what you do matters. He sleeps better at night. He shouldn't.
House : Il a dit que ce n'était pas votre faute.
Foreman : Et alors ?
House : Et alors, c'était votre faute. Vous aviez tort mais pour lui, c'était quand même super. On devrait se sentir bien quand on a raison. Mais on doit se sentir très mal quand on a tort. C'est ça la différence entre lui et moi. Il pense qu'on fait son travail et adviendra ce qui doit advenir. Moi je pense que ce que je fais et ce que vous faites importe. Il dort mieux que moi la nuit. Il ne devrait pas.
Il dort bien la nuit. Il est bien au frais. Il se contente de faire son travail en suivant les principes qu'on lui a appris et si ça ne marche pas, tant pis. Alors que House est quelqu'un qui assume sa responsabilité, quelqu'un qui se sent mal quand il ne parvient pas à atteindre la vérité, et quelqu'un qui dort mal la nuit parce que, contrairement à ce qu'on peut penser, sa seule obsession, c'est de sauver ses patients. Lui ne soigne pas des rhumes, il sauve des vies, comme il se plaît à le répéter. Il ne joue pas avec « des dés pipés » (15) comme le docteur Weber. Et il s'éloigne des caméras pour mieux faire son travail au lieu de convoquer les médias pour pontifier à la télévision, comme le spécialiste de la tuberculose.
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On trouve dans ce passage une autre explication de la manière dont House traite les personnes qui l'entourent, à commencer par les docteurs de son équipe. S'ils les malmènent souvent, s'il leur dit froidement qu'ils ont foiré - combien de fois entend-on l'expression « you screwed up » ! - c'est parce qu'il veut qu'ils s'approchent de ce qu'il est. Comme Zarathoustra, il se voit en éducateur. D'ailleurs, il traite « ses » docteurs comme certains enseignants traitent leurs élèves, sans ménagement, avec pour seul objectif de les faire progresser. Il est froid, direct, avec eux. Mais son but est le même que Zarathoustra, les inciter à aller plus haut, plus loin :
Car c'est bien là ce que je suis au fond et par nature : tirant, attirant, soulevant, élevant - haleur, éleveur et éducateur - et ce n'est pas en vain que je me suis dit naguère : « Deviens qui tu es. » (16)
House exige des docteurs de son équipe qu'ils soient toujours disponibles, jour et nuit s'il le faut, qu'ils acceptent d'encaisser les reproches et les remarques désobligeantes, et aussi d'être contredits sans arrêt. Il va parfois jusqu'à les insulter pour mieux les bousculer, les faire réagir et ainsi faire avancer le diagnostic. Il donne un très bon exemple de son mode opératoire dans l'épisode 3 de la saison 1. (17) Il vient de reprocher à Foreman de ne pas s'être assez intéressé au patient en des termes assez violents. S'ensuit ce dialogue avec Wilson :
Wilson: I get that you're not a big believer in the "catching flies with honey" approach, but do you honestly think you'll collect a jarful by cleverly taunting them?
House: Flies, no. Doctors, sure. If I'd said to Foreman, "Nice try, it was a great guess, but not this time," what do you think he'd be doing right now?
Wilson: I think he'd be going home not feeling like a piece of crap.
House: Exactly.
Wilson: You want him to feel like a piece of crap?
House: No, I don't want him going home.
Wilson : Je comprends que tu n'aimes pas l'expression « on n'attrape pas des mouches avec du vinaigre », mais tu penses vraiment leur plaire en te moquant d'elles ?
House : Les mouches, non, les médecins, oui. Si j'avais dit à Foreman « Bravo, mon petit mais ce n'est pas ça, une autre fois peut-être », qu'est-ce que tu crois qu'il serait en train de faire, là tout de suite ?
Wilson : Je pense qu'il rentrerait chez lui avec une meilleure opinion de lui-même.
House : Exactement.
Wilson : Tu veux qu'il ait une mauvaise opinion de lui-même ?
House : Non, je ne veux pas qu'il rentre chez lui.
La métaphore du miel (18) est, décidément, récurrente dans House comme dans Zarathoustra. Le miel de House est fait de reproches et d'insultes, de froideur et de distance, mais il compte bien attraper des docteurs avec ce « miel »-là, et des docteurs qui lui ressemblent. Il réussira parfaitement avec Foreman, qui le quittera précisément parce qu'il se rendra compte qu'il devient un House bis. Foreman est l'image du parfait disciple zarathoustrien, qui suit tous les principes de son maître, y compris celui-ci :
En vérité, c'est moi qui vous le conseille : éloignez-vous de moi et défendez-vous contre Zarathoustra. Et mieux encore, ayez honte de lui. Peut-être vous a-t-il trompés. [...] C'est mal récompenser un maître que de rester toujours son disciple. [...] Maintenant je vous ordonne de me perdre et de vous trouver. (19)
Il réussira partiellement avec Cameron qui dira plus tard avoir apprécié le côté déchiffreur d'énigme (20). Et il échouera avec Chase, qu'il virera : normal, il est le seul qu'il n'avait pas vraiment choisi au départ.
Cela étant, à la différence de Zarathoustra, House attend d'eux, non seulement, qu'ils s'élèvent au-delà d'eux mêmes pour devenir eux-mêmes (en fait, des doubles de lui), mais aussi qu'ils l'aident, lui, dans sa quête de la vérité. Leur rôle est essentiel pour le côté Sherlock Holmes du personnage, pas pour le côté Zarathoustra. Ce sont eux qu'il envoie fouiller les habitations de ses patients à la recherche de produits toxiques, de moisissure ou de médicaments cachés. Ce sont eux surtout qui doivent le contredire, lui résister, lui faire apparaître d'autres solutions possibles aux énigmes. Leur rôle est donc plus important que celui des disciples de Zarathoustra, beaucoup plus passifs.
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Sur l'échiquier de House, on trouve donc beaucoup, beaucoup de pions, un roi, bien sûr, une reine plus ou moins fantômatique qui peut prendre la forme de son ex-petite amie, de Cameron ou de Cuddy, et un fou, Wilson. Il est le seul à qui il laisse une certaine liberté de mouvements, même si souvent c'est lui, House, qui décide de l'orientation des dits mouvements. Il lui accorde un rôle auquel personne d'autre n'a le droit de prétendre : celui de conseiller, voire de confident. Dès que House a un gros problème, qu'il soit d'ordre privé ou professionnel, il se tourne vers Wilson. Celui-ci lui permet, en fait, de sortir de lui-même, de prendre de la distance vis-à-vis de sa propre réflexion et c'est ainsi qu'il a le plus souvent ses moments épiphaniques pendant une discussion avec Wilson. Dans ces cas-là, généralement, on voit son visage s'éclairer, il sort du bureau de son ami sans donner d'explication et sans dire au revoir et il va régler le problème de son patient.
House est un docteur particulièrement intéressé par les malades tels les autistes, les aliénés ou ceux qui souffrent d'enfermement psychique, tout simplement parce qu'ils lui ressemblent : la vie en dehors de sa « montagne » ne l'intéresse pas. Il ne sort que rarement en compagnie de Wilson, au bowling, au bar, ou aux spectacles de Monster Trucks. Et lorsqu'il doit remplacer Wilson par quelqu'un d'autre, il est très, très ennuyé. Il doit se contenter une fois de Chase au bowling et une autre fois de Cameron pour les Monster Trucks, parce qu'il n'a pas d'autre ami. Mais il a de toute façon plus recours à Wilson dans sa pratique de la médecine que dans sa vie privée dont il dit qu'elle n'existe pas.
Alors que dit Zarathoustra de l'ami ? Là aussi, le rapprochement est troublant :
« J'ai toujours auprès de moi une présence importune », pense le solitaire. « Toujours une fois un, cela finit par faire deux, à la longue.
Je et Moi sont engagés dans un dialogue trop véhément. Comment serait-il supportable, s'il n'y avait l'ami ? »
Pour le solitaire, l'ami est toujours un tiers ; le tiers est le flotteur qui empêche le dialogue des deux de sombrer aux abîmes.
Saison 1 Épisode 6, The Socratic Method [Une Mère à charge]
La métaphore du flotteur sied bien à Wilson, toujours là pour tenir la tête de House hors de l'eau quand il se noie, soit dans ses affaires privés, soit dans son métier, quand il est coincé et ne sait plus quoi penser. Certes, les docteurs de son équipe sont là précisément pour décoincer les situations, mais ils n'y parviennent pas toujours et surtout, ils n'ont pas avec House de relation personnelle et ne « connectent » donc pas de la même façon que Wilson. Par ailleurs, on remarque que, la plupart du temps, c'est en parlant à House d'autre chose que de son patient que Wilson, involontairement, lui donne la solution qu'il attendait. Quand House se rend compte que le dialogue avec lui-même, en jouant avec une balle devant son paperboard, trouve ses limites, alors il fait intervenir le tiers, l'ami, celui qui l'empêche de sombrer en lui parlant d'autre chose, d'une partie de poker par exemple et qui, ce faisant, sans le faire exprès, lui donne la clef de l'énigme.
Je ne vous enseigne pas le prochain, mais l'ami. (21)
House met ce précepte en pratique, restant éloigné de tous, sauf de Wilson. Pourquoi ? Parce qu'il partage son goût pour les Monster Trucks ou le bowling ? On peut en douter. La réelle motivation est sans doute plutôt la motivation du surhomme : parce qu'il peut l'aider dans son entreprise.
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Les empêcheurs de tourner en rond, pour quelqu'un comme House, ne peuvent pas se trouver parmi les « pions » de l'échiquier. Il n'y a que des personnages détenant un certain pouvoir qui pourraient éventuellement constituer un danger pour lui parce qu'ils sont les seuls à être en mesure de l'empêcher de faire ce qu'il veut (ouvrir le crâne d'un patient ou aller déterrer un mort, par exemple). Dans les cinq premières séries, trois figures d'autorité se distinguent : le docteur Cuddy, Michael Tritter et Edward Vogler.
House, de toute évidence, n'a aucun respect pour ses supérieurs hiérarchiques ou, d'une manière générale, tous ceux qui représentent, d'une façon ou d'une autre, une quelconque autorité. Il enfonce un thermomètre dans le derrière de Tritter (22) avant même de savoir qu'il est policier parce qu'il ne peut pas tolérer qu'on le traite comme lui traite tout le monde, avec irrespect. Tritter l'a fait trébucher délibérément en donnant un coup de pied dans sa canne, il est donc normal qu'il se retrouve dans la situation déplaisante dans laquelle House le laisse en quittant l'hôpital sans plus se soucier de lui.
Saison 3 Épisode 5, Fools for Love [L'Amour de sa vie]
En apprenant que Tritter est policier et peut lui causer de sérieux ennuis à cause de la Vicodine qu'il prend en quantité déraisonnable, House ne fait que multiplier les provocations, continue de l'insulter directement et de prendre des cachets sous son nez. Il n'échappera pas à quelques heures en prison et à un procès d'où il ne sortira libre que parce que Cuddy viendra mentir à la barre pour qu'il soit innocenté. Il aura emmené toute son équipe, Cuddy et Wilson dans sa chute, mais peu importe, il aura triomphé de Tritter. Merci Cuddy, on passe à autre chose.
Edward Vogler subira le même sort. Lui aussi sera traité de tous les noms, et finalement House exposera, dans un discours mémorable, (23) la façon dont il se fait de l'argent en changeant à peine la formule d'un médicament pour obtenir une nouvelle licence et mettre sur le marché un « nouveau » produit, juste beaucoup plus cher.
Saison 1 Épisode 17, Role Model [Double Discours]
Et tant pis si Vogler repartira avec la centaine de millions de dollars qu'il avait amenée avec lui pour diriger l'hôpital, le prétentieux aura lui aussi eu son thermomètre dans le derrière... métaphoriquement. C'est tout ce qu'il mérite, lui le dominateur que House appellera « M. Sacs de fric » (Mr. Moneybags) et « Incline-toi devant moi » (Bow down before me) et qui ne peut qu'être objet de mépris pour le surhomme :
Et j'ai tourné le dos aux dominateurs quand j'ai vu ce qu'on appelle aujourd'hui dominer, c'est-à-dire trafiquer et marchander au sujet du pouvoir - trafiquer avec la canaille ! (24)
La canaillle, dans le cas de Vogler, ce sont les laboratoires pharmaceutiques, toujours prêts à sacrifier l'intérêt des populations pour faire de plus grands profits.
Si l'on ne peut douter un seul instant qu'il aimerait également mettre un thermomètre dans le derrière de Cuddy, force est de reconnaître que House la traite avec un peu plus de ménagement. Il se contente de la manipuler à longueur d'épisodes ou d'essayer de la manipuler. Quant à Cuddy, qui n'est pas dupe, elle fait de même de son côté. C'est à qui manipulera le mieux l'autre. Et même si elle lui rappelle assez souvent qu'il n'est que son employé et qu'il est censé faire ce qu'elle lui demande, les faits prouvent que, tout employé qu'il est, c'est lui qui décide au bout du compte. Il utilise toutes les formes de manipulation possibles : il échange des heures de consultation contre un arrêt de prise de Vicodine, il fait faire ces mêmes consultations par les docteurs de son équipe, il fait croire à Cuddy qu'elle a pris une décision alors qu'en fait il a tout fait pour qu'elle ne puisse arriver qu'à cette décision. Le meilleur exemple est sans doute la manière dont il est parvenu à faire accepter le fait qu'il y ait quatre docteurs dans sa nouvelle équipe au lieu des trois précédents. (25) Le dialogue de fin de l'épisode résume en soi toute la relation entre Cuddy et House :
Cuddy: What the hell did you do?
House: [shrugs innocently] You told me to hire Kutner and Taub.
Cuddy : Because I knew you wouldn't.
House : Oops.
Cuddy : I can't let you hire two men.
House : Now that is sexist.
Cuddy : You've already got Foreman.
House : Is he a dude?
Cuddy : [conceding] Hire a woman too.
House : Hire two women.
Cuddy : You can have the one that gives a crap about people.
House : [seriously] They both do.
House : Right. Hire "Thirteen".
Cuddy: Qu'est-ce-que vous avez fait, bon sang !
House: Vous m'avez dit d'embaucher Kutner et Taub !
Cuddy: Parce que je savais que vous ne le feriez pas !
House: Oops.
Cuddy: Je ne peux pas vous laisser embaucher deux hommes.
House: Alors ça, c'est sexiste.
Cuddy: Vous avez déjà Foreman.
House: Ah bon, c'est un mec ?
Cuddy: Embauchez une femme aussi.
House: Embauchez deux femmes.
Cuddy: Vous avez le droit d'avoir celle qui fait attention aux gens.
House: C'est le cas des deux.
Cuddy: Bon. Embauchez « Numéro 13 ».
À ce moment là, House hoche la tête, comme s'il obéissait aux ordres et Cuddy lui tourne le dos et commence à s'éloigner. On voit se dessiner un sourire fourbe sur le visage de House. Cuddy s'arrête net, parce qu'elle a compris, sans même voir le sourire malicieux de House.
Cuddy : This was your plan all along.
Cuddy: C'était votre plan depuis le début.
Elle se retourne vers lui. House continue de sourire.
Cuddy : Well, at least, the games are over.
House : How long have you known me ?
Cuddy: Bon, au moins les jeux sont finis.
House: Vous me connaissez depuis combien de temps déjà ?
Saison 4 Épisode 9, Games [Les Jeux sont faits]
Les jeux ne sont jamais finis avec House. Ceux qui consistaient à recruter les meilleurs docteurs possibles pour son équipe, oui, mais pas ceux qu'il joue en permanence avec Cuddy pour lui faire comprendre qu'il ne reconnaît d'autre autorité que la sienne propre. Le surhomme ne peut reconnaître aucune autorité de quelque nature que ce soit :
Ô mon âme, je t'ai affranchie de toute obéissance, je t'ai dispensée de fléchir le genou et de dire : « Mon maître ». (26)
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Cuddy devra se rendre à l'évidence : elle n'est pas l'alpha-dog (27) dans son propre hôpital. Elle essaiera d'utiliser Foreman puis Cameron pour « contrôler » House mais il restera incontrôlable. Vogler, lui, utilisera Chase pour l'espionner, mais en vain. C'est que House dérange. Tout en lui dérange l'ordre établi : sa liberté fondamentale, son refus des compromis, et surtout son rejet des valeurs morales traditionnelles, tout ce qui fait de lui l'image du surhomme Nietzschéen dérange. Mais malgré les obstacles qu'on met sur son chemin, il parvient à devenir ce qu'il est : un créateur. Dans l'exercice de son métier, la créativité permanente est le moyen principal utilisé par House pour « surpasser l'homme ».
Voyez les bons et les justes ! Qui haïssent-ils le plus ? Celui qui brise leurs tables des valeurs, le destructeur, le criminel : - mais c'est celui-là le créateur. (28)
Pour Tritter, House n'est rien d'autre qu'un criminel, un drogué peut-être même un dealer, dangereux pour la société. Cuddy et Vogler l'accusent de vouloir détruire la réputation et le bon fonctionnement de l'hôpital. Ces accusations sont le prix à payer lorsqu'on ne se conforme pas aux règles et que l'on a pour seul objectif l'efficacité et pour seul désir celui d'aller toujours au-delà de ce qui semble possible aux « petits », à ceux qui obéissent aveuglément aux tables anciennes. « Soyez inventifs » (Get creative), dit-il souvent aux docteurs de son équipe. Or la créativité est une autre caractéristique du surhomme. Il veut également des disciples à son image et il arrive parfois qu'ils trouvent, effectivement, comme lui, des solutions inattendues ou extrêmes aux problèmes posés par les patients. Ouvrir des crânes pour y placer des électrodes, utiliser des vers pour nettoyer des plaies, ou un vieil appareil prenant des radios sans contraste ne sont pas des solutions d'« hésitants ».
Je veux me joindre aux créateurs, à ceux qui moissonnent et chôment : je leur montrerai l'arc-en-ciel et tous les échelons qui mènent au Surhomme. Je chanterai mon chant aux solitaires et à ceux qui sont deux dans la solitude ; et quiconque a des oreilles pour les choses inouïes, je lui alourdirai le cœur de ma félicité.
Je marche vers mon but, je suis ma route ; je sauterai par-dessus les hésitants et les retardataires. (29)
House est créatif parce qu'il « pense en dehors de la boîte » (30) constamment. Si l'on en croit Foreman, « il ne sait pas même pas où se trouve la boîte » (31) ! Il a des idées folles ou qui paraissent folles à ceux qui l'entourent, mais ces idées se révèlent souvent justes, précisément parce qu'elles ne sont pas convenues.
Enfin, dans ce domaine de la créativité, assez curieusement, House inclut également l'utilisation de la métaphore. Or le livre de Nietzsche regorge de métaphores. Le recours à cette figure de style est proprement recommandé par Zarathoustra lui-même :
Respectez, mes frères, l'heure, quelle qu'elle soit, où votre esprit veut parler en métaphores : c'est alors que naît votre vertu.
Votre corps en cet instant s'élève au-dessus de lui-même et ressuscite. Sa joie enchante l'esprit qui devient créateur ; il évalue, il aime et prodigue ses dons à toute chose. (32)
Et voilà qu'on peut détecter chez House la marque du Surhomme jusque dans sa façon de s'exprimer ! Certes, ses métaphores sont souvent maladroites et il est le premier à le reconnaître, mais elles permettent souvent à son équipe de mieux comprendre ce qu'il veut dire ou de trouver des pistes en les creusant ou en les déformant légèrement. La créativité linguistique rejoint alors la créativité scientifique.
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Friedrich Nietzsche reste vague lorsqu'il s'agit d'évoquer la façon dont l'homme peut se surpasser lui-même pour devenir surhomme. Il utilise toujours les mêmes formules : « aller au-delà de », « se surpasser », « suivre sa route » et il écrit :
Il y a des chemins et des moyens en foule pour se surpasser. À toi d'y songer. (33)
C'est dans son mode de fonctionnement, dans le type de relation qu'il établit avec les personnes de son entourage, que l'on trouve les moyens que House a choisis : la froideur envers tout le monde, la distance avec les patients et leur famille, le mépris des médecins « hésitants », l'exigence d'une constante efficacité de la part de son équipe s'accompagnant d'un langage direct et sans concession, le recours à l'ami dans les cas difficiles, le rejet de toute autorité et même l'utilisation des métaphores dans sa recherche de créativité. Tous ces éléments contribuent à faire de lui celui qui traverse le pont qui mène au Surhomme.
Remerciements
Merci à Heather Osborne pour sa splendide traduction, (http://heatherosborne.speculative-fiction.ca/) à Jean-François Vaillant pour sa capacité à toujours pouvoir me dire qui disait quoi dans quel épisode quand j'étais coincée, et à Gérard Dahan pour sa traque impitoyable des doubles espaces et autres fautes de typographie.
(1) Saison 4 Épisode 13, No More Mr. Nice Guy [Trop gentil pour être vrai].
(2) "If we believe in the existence of extreme jerkiness, which I suspect that we do... Then we also have to accept the existence of the opposite extreme."
(3) Saison 2 Épisode 1, Acceptance [Peine de vie].
(4) Ainsi parlait Zarathoustra, Troisième partie, « De la vertu amoindrissante ».
(5) Saison 1 Épisode 2, Paternity [Test de paternité].
(6) Ainsi parlait Zarathoustra, Quatrième partie, « De l'homme supérieur ».
(7) Saison 5 Épisode 9, Last Resort [Un Diagnostic ou je tire].
(8) Ainsi parlait Zarathoustra, Quatrième partie, « De l'homme supérieur »: «Mais nous refusons d'être égaux devant la populace. Hommes supérieurs, tenez-vous loin de la place publique.»
(9) Saison 4 Épisode 6, Whatever it Takes [En mission spéciale].
(10) Saison 2 Épisode 4, TB or not TB [Être ou paraître].
(11) Saison 2 Épisode 12, Distractions [Casse-tête].
(12) Saison 3 Épisode 3, Informed Consent [Marché conclu].
(13) Saison 5 Épisode 19, Locked In [Locked in Syndrome].
(14) Saison 1 Épisode 9, DNR [Vivre ou laisser mourir].
(15) Ainsi parlait Zarathoustra, Deuxième partie, « Des Érudits ».
(16) Ainsi parlait Zarathoustra, Quatrième partie, « L'offrande de miel ».
(17) Saison 1 Épisode 3, Occam's Razor [Cherchez l'erreur].
(18) « catching flies with honey » se traduit mot à mot par « attraper les mouches avec du miel ».
(19) Ainsi parlait Zarathoustra, première partie, « De la vertu qui donne ».
(20) Saison 4 Épisode 14, Living the Dream [Pour l’amour du Soap] : I miss the job. I miss running around playing private investigators. I miss the puzzles. I don’t miss you. (« Le boulot me manque. Courir partout en jouant aux détectives privés, ça me manque. Les énigmes aussi. Mais vous ne me manquez pas.»)
(21) Ainsi parlait Zarathoustra, première partie, « De l'amour du prochain ».
(22) Saison 3 Épisode 5, Fools for Love [L'Amour de sa vie].
(23) Saison 1 Épisode 17, Role Model [Double Discours].
(24) Ainsi parlait Zarathoustra, Deuxième partie, « De la canaille ».
(25) Saison 4 Épisode 9, Games [Les jeux sont faits].
(26) Ainsi parlait Zarathoustra, Troisième partie, « De la grande nostalgie ».
(27) Voir saison 4 Épisode 5, Mirror, Mirror [Miroir, miroir].
(28) Ainsi parlait Zarathoustra, Prologue.
(29) Ainsi parlait Zarathoustra, Prologue.
(30) He "thinks outside the box". Il n'y a pas vraiment d'équivalent en français, probablement parce que cette façon de faire n'est pas recommandée dans notre pays cartésien, trop cartésien...
(31) Saison 1 Épisode 3, Occam's Razor [Cherchez l'erreur]: "He has no idea where the box is."
(32) Ainsi parlait Zarathoustra, Première partie, « De la vertu qui donne »
(33) Ainsi parlait Zarathoustra, Troisième partie, « Des tables anciennes et nouvelles».